Mondays Says

J’ai la fâcheuse habitude d’écrire sur moi même et pour même. Terrible ironie, je m’adresse souvent ce genre de Memento Mori mais jamais d’éloge.
On dit que le plus intelligent d’entre nous est celui qui sait qu’il ignore. J’admets moi même que reconnaître ses manques est signe d’intelligence. Savoir débusquer le vrai du faux, dans le microcosme de notre conscience, est une des tâches les plus difficiles qui soit.
J’apprends désormais à composer avec cette idée, à me poser les bonnes questions pour éviter les mauvaises réponses. Mais d’autres préfèrent encore éviter de passer par la case introspection, par peur de trouver des choses beaucoup trop dérangeantes. J’ai toujours grandi avec l’idée qu’ «être soi même» était une pure invention marketing de ces trente dernières années. Une vaste blague à laquelle ont prend tous plus ou moins part.
De mon côté, j’ai jamais pu me résoudre à laisser mes mots ou mon comportement m’échapper, sans pouvoir un minimum les conditionner. Ils pourraient trop facilement se retourner contre moi. J’enfoncerai totalement la porte ouverte du cliché en vous disant que l’on possède tous un bon et un mauvais côté. C’est que je le crois sincèrement.
Il y a celui dont on a conscience et celui qui nous échappe. Il y a cette partie de nous que l’on croit maitriser et l’autre qui se soustrait à notre volonté. Baudelaire appelait ça une Chimère. Moi j’appellerai ça l’égo. Cette noirceur, cette bête avilissante que l’on souffre chaque jour sur son dos. On sait qu’elle est là, mais on n’arrive jamais à s’en débarrasser. On peut choisir de l’apprivoiser ou de se laisser complètement bâfrer. Il faut admettre que l’on a tous marché dans l’ombre du malin, fait un bout de chemin avec lui, certains l’ont même pris en auto-stop.
Je ne m’aventure pas à donner des leçons, j’aimerai seulement rappeler. Rappeler que l’on est jamais sauf face à nous même. Reconnaître mes torts et mes travers est la chose la plus douloureuse qui m’ait été donné de faire. Mais c’est aussi une des plus salvatrice. J’ai fini par avouer mon propre paradoxe pour pouvoir le briser.
By @milkicks




